L’emploi idéal : rêve ou objectif ?

emploi ideal

Aujourd’hui, je vous propose de laisser de côté la Marque Employeur pour un sujet tout aussi passionnant, tout simplement : la notion d’emploi au sens large. Un élément que nous partageons tous et auquel nous attachons tant de définitions et d’attentes différentes…

Pour commencer, laissez-moi vous poser une question : Quel est l’emploi de vos rêves ?

Question élémentaire que chacun et chacune de nous a dû se poser un jour dans sa vie. Pour moi c’est une question primordiale car passer plus de 35h par semaine à faire un métier que l’on n’apprécie point n’a aucun sens. Nous n’avons qu’une vie et cette partie professionnelle possède un large impact sur notre vie personnelle – et vice et versa. Auparavant, on appréhendait davantage le travail comme une réponse à un besoin de survie (alimentaire, etc.) et de plus en plus, il est plus question de « contrat social ». Changement de mentalités certain, accentué par l’arrivée sur le marché de la Génération Y en quête perpétuelle de sens, cherchant à chaque fait et gestes d’en comprendre les raisons (Génération « Why ») – et ce n’est que le début, vu ce que nous réserve la Génération Z.

 

Qu’est-ce que le job idéal au juste ?
Il n’y a pas de réponse exacte à cette question car elle est propre à chaque individu et surtout qu’elle évolue avec celui-ci. Par exemple, à 25 ans vous venez de finir vos études, vous n’avez que votre carrière en tête ; tandis qu’à 30 ans, vous contrebalancez avec votre vie personnelle avec un questionnement lié au mariage, aux enfants, etc. C’est un exemple très cliché, mais vous serez d’accord avec moi que la Société nous forge pour penser dans ce sens – surtout pour les femmes.
Certain(e)s diront que le poste idéal sera celui qui vous apportera le plus d’argent, d’autres le plus de responsabilités, et encore d’autres diront que peu importe le job tant que c’est dans la compagnie idéale, etc. Je suis sûre que vous avez déjà entendu parle de Matt Frost, ce jeune anglais de 29 ans qui a entrepris d’essayer 52 emplois en 1 an. Son objectif : trouver ce qu’il voulait faire dans la vie. Plutôt sympa comme challenge, mais 52 emplois différents, cela fait beaucoup quand même🙂

 

« Quand je serai grande, je serai… »
Quand nous étions enfant, nous avions tous une idée de ce que nous voulions faire plus tard – même si cela changeait parfois tous les jours. Désormais, quand la question se pose à un adulte, la réponse n’est plus aussi directe car nous sommes plus dans un état d’esprit rationnel avec le regard de la Société sur notre personne, les besoins salariaux, etc. Au final, quand on y repense, on a souvent tendance à dire « quand on est gosse, c’est toujours plus facile » car nous sommes plus apparentés à l’imaginaire sans limite qu’à la vie réelle de tous les jours. En d’autres termes, tout était possible pour nous et naturellement lié à nos véritables envies, à nos coups de cœurs, à nos petites passions. Selon une étude menée par LinkedIn auprès de 8000 professionnels, seulement 30,3% exercent le métier de leur rêve d’enfant.
NB : Personnellement, je voulais être bergère (aucun commentaire, merci !) mais maintenant j’exerce un métier que je ne lâcherai pour rien au monde – un luxe que j’apprécie par-dessus-tout🙂

 

Est-ce une question à poser au candidat ?
N’oublions pas que je ne suis qu’une junior qui aime donner son avis dans l’histoire… Mais qu’en pensent exactement des personnes de renommée internationale telle que Jeff Weiner, PDG de LinkedIn par exemple ? Ce dernier affirme que c’est une question élémentaire à poser en entretien :  « Pour trouver une véritable rock star professionnelle, vous devez comprendre ses attentes. Ainsi vous pourrez déterminer si son profil pourra matcher avec le poste / l’entreprise. ». Déterminer ce matching se doit être une priorité pour les recruteurs. Pour cela, il est impératif de connaître les équipes pour lesquelles vous recrutez (compétences, management, comportement, etc.). De même, il souligne que le recrutement n’est en un rien un processus de vente. Nous sommes embrigadés dans la « culture du résultat », mais nous oublions quelque chose d’essentiel : le dialogue avec le candidat. A l’heure actuelle où la concurrence gronde, on opte pour la rapidité de l’onboarding des candidats, mais qu’en est-il du matching sur le long terme ? Est-ce qu’un talent au moment X aura la même valeur dans quelque mois ? Est-ce que ce dernier s’adaptera à la culture de l’entreprise ? Autant de questions (mais aussi de prise de risques bien évidemment) qu’il faut prendre en compte pour éviter de perdre des « rock stars professionnelles » à bord de votre navire !

 


 

Anecdote personnelle
La dernière fois qu’on m’a posé cette question (et au final, je trouve qu’on ne la pose pas assez souvent), ce fut lors d’un entretien au sein d’un gros cabinet de recrutement. Ma réponse fut la suivante : « L’emploi de mes rêves ? C’est tout simplement me lever chaque matin avec le sourire aux lèvres et un véritable enthousiasme pour me rendre à mon travail. ». Ce que je pense réellement soit dit en passant. Vous souhaitez savoir quelle a été la réponse de la recruteuse ? « Non mais vous savez mademoiselle, le monde des bisounours n’existe pas » (j’avoue pour une fois que ce n’était pas moi qui parle de bisounours !). Que répondre à cela ? J’aurais pu sortir quelque chose de plus bateau comme être Directrice de la Marque Employeur Louis Vuitton dans 2 ans – et là pour le coup, vue le timing, je veux bien croire que j’aurais opté pour le monde des bisounours. Mais se lever chaque matin et être heureux d’aller au travail vous semble si inaccessible que ça comme attente ? Si oui, je trouve cela triste pour vous.

 

quote people success 

Vous savez, je ne suis pas la seule à croire aux contes de fées. C’est vrai que quand on regarde le succès de certaines personnes, on les jalouse qu’on le veuille ou non, en se disant que cela a toujours été facile pour eux, qu’ils ont toujours eu de la chance, qu’ils n’ont jamais connu l’échec, etc. Laissez-moi vous dire que ce n’est que pure utopie – ou alors extrêmement rare. Pourquoi ils n’en parlent pas ? Parce que vous aimez mettre en avant vos échecs sérieusement ?

 

J.K. Rowling : 3 ans avant la publication de son 1er livre, elle divorce et se retrouve à peine capable de nourrir son bébé correctement. Elle n’avait pas les moyens de s’acheter un ordinateur ou même de faire des photocopies, elle a donc écrit à la main l’ensemble de ses versions aux éditeurs. Elle a été rejetée plus d’une vingtaine de fois jusqu’à ce qu’un petit éditeur londonien, Bloomsbury, lui donne sa chance.

Stephen King : sa femme et lui étaient écrivains sans succès au départ, vivant dans une petite caravane avec leurs enfants et cumulant les petits emplois. Ils étaient si pauvres qu’ils ont dû emprunter des vêtements pour leur mariage et se débarrasser du téléphone parce que c’était trop coûteux. Stephen King a décompté plus de 60 rejets avant de publier sa première nouvelle qui fut un véritable flop avec un droit d’auteur à hauteur de 30 euro. Puis la roue a tourné avec son bestseller « Carrie ».

Jim Carrey : sa famille connut une période difficile suite à la perte du travail de son père. Ils ont vécu pendant plusieurs années dans une camionnette, et à 14 ans, Jim se retrouve à travailler à l’usine 8h par jour en plus de ses cours. A 15 ans, il passe une audition dans le costume que lui avait confectionné sa maman, mais il fut ridiculisé et bombardé de critiques odieuses. Découragé oui, mais pas pour autant, car il continua à passer des auditions à Los Angeles, abandonnant ses études… puis ce fut le déclic avec Dum & Dumber.

Shania Twain : issue d’une famille de parents divorcés, elle a dû commencer à chanter dans les bars à l’âge de 8 ans pour venir en aide à sa famille de 10 enfants. A 21 ans, sa mère et son beau-père se tuent dans un accident de voiture et elle se retrouve en charge de ses plus jeunes frères et sœurs, elle met alors sa carrière de chanteuse de côté pour s’occuper de ces derniers. Puis une fois qu’ils furent adultes, elle se relance dans la musique à Nashville et le succès s’en suit.

Oprah Winfrey : victime d’abus sexuels par des membres de sa famille, et donnant naissance à son premier enfant à l’âge de 14 ans (qui décéda deux semaines plus tard), Oprah s’adonne à sa carrière professionnelle par la suite ne prêtant pas attention aux messages de découragement dont un bon nombre de personnes ont pu lui faire part. Elle conserve son optimiste et son ambition durant toutes ces années pour ainsi devenir une élève de renommée.  Malgré les attaques racistes persistantes, les questions tyranniques sur sa sexualité et son apparence physique (et oui, même de nos jours les gens persistent), elle est une des femmes les plus influentes des Etats-Unis.

(Liste non exhaustive)

 

Conclusion | Comme vous avez pu le voir, je vis au pays des bisounours pour certain(e)s recruteurs. Cela dit, je l’assume totalement tant que cela mène à mon épanouissement au travail. Mon conseil n’est non pas de négliger l’avis de professionnels, de votre famille, ni de vos amis, mais de prendre du recul, car vous êtes le / la seul(e) à savoir ce qui vous rendra « heureux » au niveau professionnel (comme personnel d’ailleurs). Si vous êtes bon et passionné par ce que vous faites, foncez. Et si vous vous prenez un mur, recommencez, persévérez avec un minimum de logique et de bon sens bien sûr. Je vous rappelle qu’en étant enfant, nous tombons en moyenne 2000 fois avant de marcher – alors pourquoi abandonner son idéal au premier obstacle ?

Alors exercez-vous le job de vos rêves ? Ou peut-être y travaillez-vous :) ?

bisounours emploi

 

Auteur : Anne Pestel

Source : image du film « Working Girl« , image du dessin animé « Bisounours »

 

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